Bénarès
Pourtant, il n'est pas propre du tout.
En masse, dès l'aurore et pendant toute la journée, les hindous accourent, descendent les escaliers (les gaths) qui bordent le fleuve et s'y immergent pour se purifier.
Purifier leur âme, même les méfaits des vies antérieures !
Le Gange a cette vertu.
Alors, de toute l'Inde, plus de 10'000 hindous convergent chaque jour à Bénarès (Varanasi) pour une immersion dans le fleuve. Immersion toute joyeuse, on barbote, on se prend en photo, on fait la causette.
Des échoppes partout. Mais pas tellement pour les touristes européens. Des colliers, des perles, des graines sacrées (rudrashka), des coupelles de fleurs avec mèche (allumées, elles flotteront sur le Gange), de l'encens, des poudres sacrées, des jarres (pour recueillir l'eau sacrée du fleuve),...
Tout le nécessaire pour les rituels de purification. Ce sont les brahmanes qui guident les pèlerins dans l'exécution des offrandes, récitent des mantras, diffusent de l'encens qui permettra de mieux porter les prières vers le divin.
On dit que Bénarès est la plus vieille ville du monde (5000 ans), c'est la plus sacrée pour les hindous en tous les cas. La ville où se rencontrent les mondes physiques et spirituels.
Les indiens lui préfèrent le nom de Varanasi, la ville où le feu ne s'éteint jamais.
On y rencontre des sadhus. Il vivent là, sur une nappe, nus, ou vêtus d'une toge safran pour la promenade, couverts de cendres, tresses et longues barbes. Dépouillement, méditation, aumône, ...
Plusieurs portiques d'aéroport, plusieurs fouilles, dépouillement de ses chaussures, de son sac, de son portable, (le monsieur devant moi a dû déposer son peigne) pour atteindre l'autel. La police très armée est omniprésente, l'espace sécurisé. On peut alors se recueillir (les non hindous aussi), devant l'autel le plus sacré d'Inde (pas trop longtemps, il y a du monde). Un lingam, représentation de Shiva. Certains lui jettent des fleurs, d'autres du lait, la ferveur est immense. Comme devant chaque autel en Inde. Mais ici, tout est amplifié. On est à Bénarès, la ville sainte.
Et la tombée de la nuit, tous les soirs, sur les gahts, cérémonie pour remercier le Gange (perçu comme une divinité), pour sa pureté(!), sa capacité à laver les péchés. C'est une offrande de lumière à la déesse Ganga. Ce sont des brahmanes, munis de tuniques orangées, qui officient en agitant des cloches, de l'encens, des chandeliers à multiples flammes, des plumes de paon, dans un chorégraphie rythmée par des chants. Plus d'une heure de « spectacle ».
Beaucoup viennent à Varanasi pour mourir. C'est l'assurance d'échapper au cycle sans fin des renaissances, échapper à la réincarnation. Tout rêve d'hindou. Mourir puis être incinéré près du Gange. Deux lieux de crémation à ciel ouvert. Le feu y brûle en permanence depuis des millénaires, 24 heures sur 24. Rituels codifiés. Les cendres seront alors versés dans le Gange, fleuve sacré.
Voir Bénarès et mourir.
/image%2F1517862%2F20260211%2Fob_d71efe_20260204-160636.jpg)
/image%2F1517862%2F20260211%2Fob_356381_20260205-071345.jpg)
/image%2F1517862%2F20260208%2Fob_5ccc36_20260205-153141.jpg)
/image%2F1517862%2F20260208%2Fob_b3394d_20260205-081706.jpg)
/image%2F1517862%2F20260208%2Fob_da4c39_20260205-153313.jpg)
/image%2F1517862%2F20260208%2Fob_b721d1_20260204-172609.jpg)
/image%2F1517862%2F20260208%2Fob_22f5b4_20260204-165506.jpg)
/image%2F1517862%2F20260208%2Fob_af1930_20260203-183642.jpg)
/image%2F1517862%2F20260208%2Fob_e3eee0_20260203-185242.jpg)
/image%2F1517862%2F20260208%2Fob_20bb27_20260203-183007.jpg)
/image%2F1517862%2F20260211%2Fob_46da4c_20260205-172732.jpg)
/image%2F1517862%2F20260208%2Fob_120ed2_20260205-162936.jpg)
/image%2F1517862%2F20260208%2Fob_f00aeb_20260206-132816.jpg)
/image%2F1517862%2F20260208%2Fob_7a8051_20260206-180033.jpg)