Le quatrième jour

Publié le par Stève Turin

il y a l'attraction de la ville. A Agra, on va voir le Taj Mahal, à Bénarès les Gaths, ces escaliers qui descendent sur le Gange, à Madurai le temple Sri Meenakshi. Le second jour, on peut voir le Fort Rouge ou un ancien palais d'un maharaja. Le troisième jour, il y a encore quelques musées à voir, sur des bronzes, des sculptures, sur Gandhi, ...

Et le quatrième jour ?

Le quatrième jour est le jour en plus, le jour où on a encore du temps, tous les lieux « à voir » ont été vus. On a vu le Taj Mahal, on a vu le « Temple » de la ville, le musée qu'il ne faut surtout pas louper. On peut alors laisser le hasard nous guider...

Le quatrième jour, c'est le jour où on peut se perdre dans la vieille ville, où l'on peut arpenter la campagne si proche, où l'imprévu plus encore que les autres jours peut guider notre journée.

L'autre jour, à Kajuraho, je n'avais plus trop envie de contempler un temple en plus. Je suis alors sorti de la ville à pied pour me promener dans la campagne.

Sur un petit chemin assez loin de la ville, un indien à moto s'arrête (60 ans environ). Il engage la conversation, ..., puis me demande si je veux visiter sa maison (dans la vieille ville) et sa ferme (en dehors). Pourquoi pas ? J'ai enfourché sa bécane. On a pris le thé dans sa maison. Il y avait une de ses filles et deux de ses petits-enfants. Maison très simple (pour moi) mais très sympa sur deux niveaux avec des lieux de vie ombragés. Avec sa moto, nous sommes allés chercher un autre petit enfant à l'école puis direction sa ferme. Là, l'autre de ses filles avec ses enfants. Les maris sont au travail. Autour de la cour, quelques constructions, dont une plus grande, la résidence des propriétaires, une étable, des champs de « chapati »(blé), un coin légumes : tomates, concombre, ... Quelques poules et des vaches, elles se nourrissent des restes du blé contrairement aux vaches des villes. C'était chouette. Les petits enfants faisaient des sprint, je donnais le départ. Il m'a dit qu'il préférait dormir à la ferme depuis que sa femme est décédée. Il est brahmane (la plus haute caste) et a ainsi reçu une bonne éducation, il est responsable archéologique des sites de la ville.  Ses petits enfants vont dans une école privée (payante). Ses champs et les animaux sont entretenus par une famille qui vit dans une petite maison qui borde la cour. Ce sont des sudra (4ème caste).

Puis il m'a ramené en ville avec son scooter.

Je lui ai promis d'envoyer à son adresse quelques photos que j'ai pu prendre

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Un autre quatrième jour, je me suis laissé perdre dans la vieille ville de Bénarès. Elle est immense cette vieille ville qui longe de Gange, faite de toutes petites ruelles, tout en courbure, même les scooters ont de la peine à passer. Après quelques croisements, je me sens désorienté, impossible de dire de quel côté est le Gange. Quelques épiceries, quelques petits bars pour le tchai, là un vendeur de samosas. Ici, plus d'échoppes vendant le traditionnel nécessaire pour les rituels. Plus de massage formidable pour le dos ou de change avantageux. Comme souvent, il suffit de s'écarter de presque rien pour découvrir une autre ville, un autre Bénarès.

Parfois, le quatrième est dédié aux cartes postales pour ma correctrice (le deal). Toute une histoire. Pas facile d'en trouver de nos jours. Et les offices postales non plus, avec leur horaire très particulier. En plus les règlements varient d'une office à l'autre : certaines fois 20 roupies suffisent pour les timbres d'une carte postale, parfois, c'est 30. Une autre fois, il faut mettre la carte postale dans une enveloppe et payer 30 roupies... Bien sûr, l'office postale ne vend pas d'enveloppes, alors il faut partir en essayant de trouver un vendeur qui...

Je crois que la beauté du voyage vient aussi de ce quatrième jour.

Voilà, cela fait bientôt 90 jours que je vadrouille dans cette Inde. C'est le moment de rentrer. A bientôt.

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R
Merci Stève pour ce beau voyage en ta compagnie!<br /> Bon atterrissage en terre helvétique et à bientôt, j'espère.<br /> Bises amicales 🌻
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N
C’est bien triste de rentrer…mais heureusement avec de belles images en souvenir et de chouettes expériences vécues, du premier au…quatrième jour! De belles photos, comme toujours, merci pour le partage, il ne manque que le son, ou le silence. C’est vrai que dès qu’on s’écarte des lieux touristiques, sans aller bien loin, on pénètre souvent dans un univers intact depuis 25 ans et parfois plus, avec la seule différence que les chars à bœufs ont disparu au profit des tracteurs, les motos à la place des vélos, quoique… Nous nous souvenons d’un jour férié à Ahmedabad (Gujarat), où tout était fermé: notre guide a proposé de nous emmener dans son village à quelque 20 km, et nous avons vécu”notre meilleur quatrième” jour en terre Rabari, dans une maison aux couleurs de Matisse et alentour au milieu de troupeaux de buffles gardés par des fermiers rabaris en jodhpurs bouffants blancs impeccables et coiffés de turbans de tous styles et couleurs. Inoubliable!<br /> Bon retour et amitiés,<br /> Nadine et JeanMaurice
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